Explorateurs de bientraitance : premiers pas

iconoNews11En ce début de millénaire, nous assistons à de profonds bouleversements techniques, économiques, philosophiques et sociaux. Les promesses d’un développement humain tiré par la seule croissance montrent leurs limites. Face à ce constat, partout sur la terre, de nouveaux explorateurs ouvrent des voies inédites pour changer le monde.

Parmi ces explorateurs, on rencontre des citoyens, des chercheurs, des politiques, des chefs d’entreprises, des médecins, des avocats, des journalistes, des enseignants, tous tournés vers une quête de bonheur personnel et collectif.

Je fais, comme tant d’autres, partie de ces explorateurs. Depuis 20 ans, je recherche de manière universitaire, empirique et globale, quelles sont les conditions du bonheur. Une des premières conditions du bonheur, c’est de vivre et de fournir un environnement de vie, de travail, de séjour, répondant au mieux à nos besoins. Une des premières conditions du bonheur, c’est d’inscrire ses intentions, ses actes et ses paroles dans la bientraitance. Je vous propose ici de découvrir quelques éléments de ce territoire encore peu exploré, qu’est celui de la bientraitance.

Bientraitance dans les centres de soin

La bientraitance est un terme aujourd’hui connu essentiellement dans les champs de la protection de l’enfance, du social et du médico-social. Il apparaît dans les années 1990, dans le champ de la psychologie, avec l’idée de qualité du soin et d’accompagnement qu’un médecin, une infirmière, une aide à domicile peuvent apporter. Mais c’est réellement à partir des années 2000 que la France commence à se pencher, dans les secteurs de la santé, sur la bientraitance en réponse aux maltraitances. En 2008, l’agence nationale de l’évaluation et de la qualité des établissements sociaux et médicaux sociaux (ANESM) publie, un Guide de recommandations et bonnes pratiques professionnelles, La bientraitance : définition et repères pour la mise en œuvre.  En 2009, la Haute Autorité de Santé (HAS) publie un rapport sur les maltraitances ordinaires. Les constats et les propositions du rapport sont sans équivoque : il faut prévenir les maltraitances ordinaires et former les professionnels à la bientraitance.

Bientraitance et petite enfance

Parallèlement, le psychologue Sud-américain Jorge Barudy s’intéresse, dans les années 2000, à la bientraitance des enfants en grande précarité. Il cherche les constantes qui permettent à ces enfants, quelles que soient leurs familles, leurs histoires, de développer une réelle capacité de résilience, c’est à dire de développer des qualités et des réflexes qui leur permettront de rebondir face aux épreuves de la vie. Pour Jorge Barudy, la bientraitance est la solution.

Un nouveau continent

La bientraitance est donc un nouveau continent dont certains ont dressé les premières cartes que d’autres nourrissent parfois sans le savoir. Ce continent est celui de savoirs, d’intentions, de pratiques, de modes de communication tournés, pour certains, vers l’évitement de la maltraitance, pour d’autres, vers la mise en œuvre du contexte le plus favorable à l’épanouissement de chacun.

La bientraitance concerne tout le monde. Elle est l’affaire de tous. Chercher à être bientraitant avec soi-même ou avec les autres, c’est reconnaître le droit d’être heureux de chacun, c’est encourager de la manière la plus respectueuse la compétence de chacun à trouver son bonheur.